Centre Pompidou
- art-museum
- design
- Prix: €15
- Horaires d'ouverture: Fermé pour travaux jusqu'en 2030
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Histoire
Lorsque Renzo Piano et Richard Rogers remportent le concours international pour concevoir un nouveau centre d'art à Paris, ils proposent quelque chose qu'aucune ville n'avait encore vu : retourner le bâtiment comme un gant. Charpente métallique, escalators, gaines d'aération et tuyauteries sont repoussés à l'extérieur et colorés selon leur fonction, libérant à l'intérieur de vastes plateaux flexibles, sans colonnes, reconfigurables au gré des expositions. Lorsque le centre ouvre en 1977 dans le quartier historique de Beaubourg, le Paris conservateur est scandalisé, et les critiques le raillent, le comparant à une raffinerie ou à une plateforme pétrolière posée au milieu des toits anciens. En une ou deux décennies, pourtant, le bâtiment devient l'une des œuvres les plus influentes de l'architecture de la fin du XXe siècle, un manifeste fondateur du style high-tech que Piano et Rogers déclineront ensuite dans des projets à travers le monde.
Le centre doit son existence au président Georges Pompidou, fervent défenseur de l'art contemporain, qui commande le projet en 1969 dans l'espoir d'offrir à Paris un musée aussi audacieux que l'art qu'il abriterait. Il meurt en 1974, trois ans avant l'achèvement du chantier, sans jamais voir le bâtiment qui portera son nom. À l'intérieur, le Musée national d'art moderne rassemble la plus grande collection d'Europe d'art des XXe et XXIe siècles, avec d'importants fonds Matisse, Picasso, Kandinsky et Warhol parmi des milliers d'autres œuvres, aux côtés d'une bibliothèque publique et de l'Ircam, l'institut de recherche musicale et acoustique fondé en même temps que le centre par le compositeur Pierre Boulez.
Le saviez-vous ?
Autrefois, les visiteurs rejoignaient les étages supérieurs par un escalator logé dans un tube de verre qui remonte en zigzag toute la façade ouest, transformant la montée elle-même en l'une des plus belles vues gratuites de Paris : les toits du Marais se déployaient derrière soi, avec le Sacré-Cœur et la tour Eiffel à l'horizon. Cet escalator est devenu un élément du projet architectural à part entière, au même titre que les tuyauteries colorées, une attraction que les visiteurs venaient chercher même sans intérêt particulier pour l'art exposé à l'intérieur.
Peu de visiteurs mesurent à quel point l'ensemble du bâtiment était expérimental pour son époque : jamais, à une telle échelle, les entrailles mécaniques d'une structure n'avaient été exposées au public comme un élément décoratif, et les ingénieurs ont dû inventer de nouvelles techniques rien que pour éviter que l'acier apparent ne se corrode à l'air libre. C'est précisément cette volonté de montrer ce que les bâtiments dissimulent d'ordinaire qui a rendu le centre si controversé en 1977, et si célébré depuis.
Bon à savoir
Le Centre Pompidou a fermé en 2025 pour une importante rénovation structurelle et ne devrait pas rouvrir avant 2030. La fermeture concerne l'ensemble du bâtiment — galeries, bibliothèque et espaces publics compris — il n'y a donc actuellement rien à visiter sur place, et mieux vaut ne pas prévoir d'étape ici tant que la réouverture n'est pas confirmée, plus proche de l'échéance.
Avant sa fermeture, la bibliothèque publique gratuite du centre et les vues panoramiques depuis les étages supérieurs comptaient parmi les principales raisons de le visiter, même sans billet pour le musée, et les deux devraient revenir sous une forme ou une autre une fois la rénovation achevée. En attendant, mieux vaut consulter le site officiel du Centre Pompidou pour suivre les nouvelles concernant la date de réouverture et les expositions temporaires que la collection pourrait accueillir ailleurs à Paris.